« Tu veux faire quoi après le bac ? » Question rituelle et pressante pour tous les élèves de Terminale. On a beau être paumé, il faut se décider. Et vite. Certains choisissent une orientation sans conviction. Si Amandine s’est ainsi trompée de voie, elle n’en est pas moins décidée à avancer !

 

En Terminale ES ne sachant pas quoi faire l’année suivante, j’ai décidé d’aller voir la conseillère d’orientation de mon lycée. Mais lors des deux entretiens, j’ai eu l’impression d’être incomprise car je répétais sans cesse que je ne voulais pas faire de longues études et que j’avais besoin de cadre et de structures comme au lycée. Et elle me parlait à chaque fois de masters, de licences à la fac…

Elle m’a fait faire un test d’orientation qui lui a “révélé” que les métiers de bureaux me conviendraient sans aucun doute.

Sauf que je savais que je détesterais rester assise toute la journée sur une chaise devant un ordinateur. Du coup, j’ai arrêté d’aller la voir et essayé toute seule, tant bien que mal, de trouver une filière qui pourrait potentiellement m’intéresser pour passer encore un an à réfléchir mais en ne faisant pas n’importe quoi.

Au début du mois de mai, ma mère et moi-même avions décidé que je partirais un an à l’étranger apprendre l’anglais.

 

L’espoir d’une année sabbatique

 

Cette idée de partir un an aux Etats-Unis me plaisait car j’avais enfin une idée, une envie de poursuite d’études, un but même si il était à court terme. C’est vrai, qui ne rêverait pas de suivre des cours d’anglais toute une année loin de ses parents, de tout.

Malheureusement, en juin, à la première vague d’APB, j’ai été accepté en DUT STID à l’IUT Paris Descartes. De ce fait ma mère m’a annoncé :

« Puisque tu as été acceptée dans cette ‘’prestigieuse’’ université, tu ne partiras pas à l’étranger. Tu resteras ici car quand tu reviendras, rien ne dit que tu seras reprise. »

Pour ma mère, je ne sais pas pourquoi, Paris Descartes était le Saint Graal. Elle n’avait pas compris que, l’année suivante, je ne voudrais certainement pas faire la filière où j’avais été acceptée. Mais puisqu’à 18 ans, ce n’est pas moi qui tiens les cordons de la bourse, je ne pouvais pas m’y opposer.

Dès ce moment, j’ai su que l’année suivante allait être bien ennuyeuse car j’avais choisi par défaut un peu tout ce que j’avais mis sur APB.

J’ai donc testé plus d’une semaine le DUT STID. Mais au bout du troisième jour de cours, je n’avais déjà qu’une envie : m’enfuir. Cette filière n’était pas faite pour moi, je n’avais aucune envie de travailler et y rester un an m’aurait perdue plus qu’autre chose.

 

Prendre son envol ?

 

J’ai démissionné de mon IUT au bout de deux semaines sans que ma mère soit au courant. Je l’ai appelée en lui disant :

« Maman, j’ai quitté la fac. Je ne pouvais pas rester. Je vais maintenant chercher ce que je veux faire et essayer de trouver quelque chose pour ne pas perdre une année. »

Je ne lui ai pas vraiment laissé le temps d’en placer une et, de toute façon, il était trop tard pour faire machine arrière. Je me sentais beaucoup mieux après ça. Car ces jours passés là-bas m’avaient vidée intérieurement, je m’éteignais à petit feu.

Quelques jours, après j’ai candidaté au DU PaRéO à Paris Descartes où j’ai été prise à la rentrée de novembre.

Cette filière est faite pour des personnes perdues, désorientées, qui n’ont pas reçu plus tôt les conseils adaptés pour trouver leur voie.

J’espère donc trouver ici ce que je veux faire de ma vie et pouvoir réaliser ce projet. Mais il est clair qu’ici je me sens beaucoup mieux que là où je me trouvais en début d’année. Maintenant je vais de l’avant.

 

Amandine, 18 ans, étudiante, Paris