Mon changement d’attitude en entrant à la fac

J’avais d’excellentes notes durant toute ma scolarité, j’étais sérieuse en cours, j’étais « l’élève modèle ». Après le bac, je suis allée en première année commune en santé (la PACES). Ce choix, je l’ai fait par défaut parce que je ne savais pas quoi faire plus tard et on me disait souvent que je serais un bon docteur. On m’a dit « juste un an et c’est bon ».

Je n’ai jamais vraiment travaillé en autonomie jusqu’au lycée. J’avais des bonnes notes mais je ne travaillais pas en dehors des cours. Je pensais que l’université serait comme le lycée. Pas du tout.
Il n’y a plus personne pour me dire quoi faire, ne pas faire, par où commencer mes révisions, pourquoi je suis là…

D’abord, il faut savoir qu’à l’université, on a plus du tout le même emploi du temps que lorsqu’on était au lycée. Parfois on a cours toute la journée, d’autres fois on a que deux heures de cours. J’avais alors tendance à me lever plus tard ces jours-là, sortir manger avec mes ami(e)s, me balader dans la ville, et même sécher les cours les plus chiants. C’était la conséquence de la disparition de l’obligation de présence en cours. Au lycée, j’avais peur de sécher les cours comme il fallait justifier l’absence et la faire signer par les parents. A l’université ? Aucun prof ne te connaît. Il n’y a plus d’appel. Personne ne sait si tu es en cours ou pas. La tentation de sécher les cours est trop forte.

Mon point de vue sur le concept de « amitié »

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Ensuite, trouver un groupe d’amis solidaire n’est plus aussi facile qu’au lycée. Les petites classes sympathiques d’une trentaine d’élèves, il faut oublier, surtout en PACES. En arrivant dans l’amphi rempli de 300+ élèves, je me suis dit que je n’aurais pas d’amis pour cette année. Je n’étais pas inquiète puisque c’est « juste un an et c’est bon ».
Je suis le genre de personne à se dire que « choisir ses amis » n’avait aucun sens. Ce n’est pas comme ça que ça marche, les amis. On va vers les personnes qui nous ressemblent, qui ont les mêmes goûts, les mêmes passions. C’est quoi « choisir ses amis » ? Ma personnalité introvertie et mon honnêteté m’empêchaient d’aller vers les autres uniquement pour leurs qualités intellectuelles.

Finalement, je me suis faite une amie. Elle était très gentille, on avait beaucoup de points communs, on s’entendait vraiment bien. Mais on ne travaillait jamais ensemble. Comme je l’ai dit, on a pleins de points communs et l’un d’eux est la volonté de se libérer après les cours. Deux personnes qui n’ont aucune ambition de travailler ça résultait à du temps perdu. Lorsqu’on avait une pause déjeuner, on sortait pour manger. Lorsqu’on avait une heure de trou, on faisait un tour du quartier. On ne venait à l’université que sur les horaires de cours.

Et si je mettais trompé par rapport à ce concept de « amitié » ?

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Et si on avait tout fait de la mauvaise façon ? Lorsqu’on avait une pause déjeuner, on aurait dû revoir les cours en mangeant un petit sandwich. Lorsqu’on avait une heure de trou, on aurait dû se précipiter vers la BU (bibliothèque universitaire) pour travailler. Et on aurait dû se lever à 6h tous les jours pour aller réviser à la BU et y retourner après les cours jusqu’à l’heure de fermeture !

Après un an de fac, j’ai compris ce concept « d’amitié par intérêt ». Bon, je n’approuve toujours pas ce concept mais je pense que c’est une méthode cruciale pour réussir, surtout en PACES. L’année dernière, je voyais des groupes d’amis qui semblaient s’entraider lorsque certains rencontraient des difficultés, ils se posaient des questions en cours et à la bibliothèque, ils pouvaient compléter leurs cours en cas d’absence grâce aux autres. Moi, je n’avais pas ça.

 

Regret ? Leçon à apprendre ?

Mais je ne le regrette pas. Je ne regrette pas d’avoir rater la PACES. Je ne regrette pas d’être amie avec juste cette fille. En prenant du recul, je me dis que ce n’est pas « si j’avais plus d’ami(e)s, j’aurais réussi la PACES » mais « si la médecine était un de mes centres d’intérêt, je m’aurais fait plus d’ami(e)s ».

La leçon ? Ne pas s’isoler. Ne pas se détendre en raison d’un léger emploi du temps. Ne blâmer personne de sa propre erreur. Ne pas se décourager d’un échec.

 

Jin, élève du PaRéO 2018-2019

Crédit photo : Pixabay